Le chien d’assistance au Québec: Guide complet

La présence des chiens d’assistance au Québec ne date pas d’hier. Cela fait près de 40 ans que ces partenaires canins ont fait leur apparition dans la province.

Historiquement, le chien d’assistance était presque exclusivement associé à l’aide aux personnes ayant une incapacité liée à la vision (chiens-guides). Aujourd’hui, la réalité a bien changé : leur champ d’action s’est considérablement diversifié pour répondre à une pluralité de besoins, reflétant la diversité des situations de handicap.

La pertinence de ces chiens est plus forte que jamais. Selon l’Enquête canadienne sur l’incapacité (ECI) de 2022 menée par Statistique Canada, environ 21 % de la population du Québec âgée de 15 ans et plus se trouvait en situation de handicap (incapacité). Ces données soulignent l’importance de développer des moyens palliatifs variés, dont le chien d’assistance fait partie intégrante.

Conditions et incapacités pouvant nécessiter un chien d'assistance

Bien que non exhaustive, la liste suivante illustre l’élargissement des rôles du chien d’assistance, couvrant désormais les incapacités physiques, sensorielles, cognitives et liées à la santé mentale :

  • Incapacités liées à la mobilité :
    (Mobilité réduite, difficultés motrices).
  • Incapacités liées à la vision : (Cécité, perte visuelle partielle).
  • Incapacités liées à l’audition : (Surdité, perte auditive).
  • Troubles neurodéveloppementaux : Notamment le Trouble du spectre de l’autisme (TSA) et le Syndrome de Gilles de la Tourette.
  • Incapacités liées à la santé mentale : Telles que le Trouble de stress post-traumatique (TSPT) et les troubles sévères d’anxiété (ex. : anxiété généralisée ou phobie sociale).
  • Conditions médicales chroniques et neurologiques : Incluant l’Épilepsie et le Diabète (assistance par alerte médicale).

Les catégories de chiens d’assistance

Il est fréquent de confondre les différents types de chiens qui aident les humains. Pourtant, leurs rôles, leurs formations et surtout leurs droits d’accès sont très différents. Voici un guide pour bien les distinguer.

Le chien de support émotionnel

Ce chien offre un soutien affectif et une présence rassurante à son propriétaire. Bien qu’il soit très important pour le bien-être de son humain, il n’a pas reçu d’entraînement pour accomplir des tâches spécifiques liées à un handicap. Il ne possède aucun droit d’accès public. Il ne peut pas entrer dans les commerces ou les restaurants. Il n’est généralement pas admis en cabine d’avion. Cependant, selon les juridictions, il peut parfois être autorisé dans un logement “sans animaux” (sous réserve de présentation d’un certificat médical et selon les politiques en vigueur), mais cela reste plus restreint que pour le chien d’assistance.

Le chien de thérapie / d'établissement

Contrairement au chien d’assistance qui aide une seule personne, le chien de thérapie est entraîné pour apporter du réconfort à plusieurs personnes. On le retrouve souvent accompagné de son manieur dans des milieux spécifiques comme les écoles, les hôpitaux, les CHSLD ou les centres de réadaptation. Ce n’est pas un chien d’assistance. Il n’a aucun droit d’accès aux lieux publics (épiceries, restaurants) ni aux avions. Il peut accéder à certains établissements de santé ou d’éducation, mais uniquement avec la permission explicite du lieu. Il ne bénéficie pas d’exception pour le logement. Son rôle est principalement d’ordre social. Il encourage les caresses et les interactions, car sa mission est d’offrir de l’affection et de briser l’isolement.

Le chien d’assistance à la mobilité

Ce chien aide les personnes ayant des limitations physiques, qu’elles utilisent ou non des équipements adaptés (fauteuil roulant, déambulateur). La demande pour ce type de chien demeure très forte. Les tâches du chien d’assistance à la mobilité peuvent ressembler à ceci :

  • Ramasser des objets tombés au sol ou apporter des médicaments.
  • Allumer ou éteindre les lumières.
  • Ouvrir et fermer les portes ou tiroirs.
  • Tirer un fauteuil roulant (sur de courtes distances ou pour aider).
  • Aider à l’équilibre lors de la marche ou servir de point d’appui pour se lever.

Le chien guide (pour personnes aveugles ou malvoyantes)

C’est la discipline la plus rigoureuse. Le chien agit comme les yeux de son propriétaire. L’excellence est non négociable, car la moindre erreur expose l’humain à un danger mortel. Les tâches du chien-guide peuvent ressembler à ceci :

  • Suivre les indications directionnelles données par le propriétaire.
  • Éviter les obstacles (au sol et en hauteur).
  • Alerter de la présence de bordures de trottoir, d’escaliers ou d’objets bas.
  • Trouver et conduire vers une chaise libre ou une sortie.

Le chien d’assistance psychiatrique

Une catégorie en forte demande, souvent perçue comme plus accessible à entraîner que les chiens guides ou de mobilité lourde. Ces chiens assistent les personnes souffrant de troubles de santé mentale (PTSD, anxiété sévère, etc.).
Les tâches du chien d’assistance psychiatrique peuvent ressembler à ceci :

  • Interruption de comportements : Stopper des gestes répétitifs ou nuisibles (grattage, tremblements).
  • Pressothérapie : Appliquer un poids corporel apaisant sur la personne.
  • Création d’un espace de sécurité : Faire barrière avec son corps pour bloquer les gens trop proches (le “block”).
  • Rappel à la réalité : Toucher ou lécher le propriétaire lors d’un épisode de dissociation.
  • Assistance aux routines : Rappeler de prendre la médication.
  • Alerte préventive : Signaler l’augmentation du stress ou l’arrivée d’une crise de panique.

Le chien d’alerte médicale

Ces chiens utilisent leur odorat pour détecter des changements chimiques dans le corps de leur humain (diabète, épilepsie, allergènes). Les tâches du chien d’alerte médicale peuvent ressembler à ceci :

  • Alerter d’une crise imminente (baisse de sucre, crise d’épilepsie) pour permettre à la personne de se mettre en sécurité.
  • Aller chercher de l’aide (proche aidant ou parfois inconnu).
  • S’allonger à côté de la personne en crise pour la protéger.

Le statut légal du chien d’assistance au Québec

Le chien d’assistance n’est pas seulement un compagnon ; il est un outil d’autonomie essentiel. Il se définit comme un chien entraîné pour effectuer des tâches spécifiques qui répondent aux besoins particuliers des personnes handicapées qu’ils accompagnent. Au Québec, la protection de ces binômes repose sur un fondement juridique précis : la Charte des droits et libertés de la personne.

L'interprétation des tribunaux

Les tribunaux québécois et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) ont établi que le chien d’assistance est reconnu comme un « moyen pour pallier un handicap »

En conséquence, refuser l’accès à une personne accompagnée de son chien d’assistance dans un lieu public constitue une discrimination illégale, au même titre que de refuser l’accès à une personne en fauteuil roulant ou utilisant une canne blanche.

Distinction importante : L'exigence de formation

Il est crucial de noter que la protection juridique n’est pas absolue pour tous les chiens. Pour être reconnu par les tribunaux comme un « moyen pour pallier le handicap » au sens de la Charte, des critères stricts s’appliquent :

  • Entraînement officiel : Seuls le chien-guide et le chien d’assistance ayant été officiellement entraînés par un organisme compétent sont reconnus.
  • Preuve requise : Le chien (et son manieur) doit détenir une preuve d’entraînement valide issue de cet organisme.

Les chiens sans certification officielle ou auto-entraînés sans supervision d’un organisme reconnu peuvent ne pas bénéficier de la même protection automatique devant la CDPDJ.

Comment savoir si je peux avoir un chien d’assistance ?

L’intégration d’un chien d’assistance ne doit pas être perçue comme une solution isolée, mais bien comme un traitement complémentaire qui s’ajoute à un plan de soins déjà établi, tel que la médication, la psychothérapie ou le suivi en ergothérapie. À ce titre, l’obtention d’un tel chien nécessite impérativement une prescription ou une recommandation formelle émise par un professionnel de la santé traitant (médecin, psychiatre, psychologue, ergothérapeute, etc.). C’est à ce référent médical qu’il incombe de valider que le chien d’assistance constitue un moyen palliatif réaliste, sécuritaire et spécifiquement adapté au diagnostic et aux besoins cliniques de la personne. Le chien d’assistance n’est pas une solution magique et son intégration comporte des défis réels qu’il ne faut pas sous-estimer.

  • L’augmentation potentielle des symptômes : Paradoxalement, les premières sorties peuvent parfois aggraver l’état du bénéficiaire. Par exemple, le chien attire inévitablement les regards et l’attention du public. Pour une personne souffrant d’anxiété sociale ou de phobie sociale, cette visibilité soudaine peut être source d’un stress intense.
  • La pression de la perfection : De nombreux bénéficiaires ressentent une forte pression sociale, s’imposant l’obligation d’avoir un chien au comportement irréprochable en public. Cette quête de perfection peut devenir anxiogène. Il est crucial de se rappeler que le chien, même certifié, reste un être vivant. Qu’il soit en période d’apprentissage (avec ses régressions normales) ou en service depuis des années, il peut lui aussi avoir de « moins bonnes journées ».

Choisir un organisme ou une école privée pour l'entraînement de son chien d'assistance

Choisir une école pour son futur binôme est une décision cruciale. Une organisation sérieuse ne laisse rien au hasard et base ses pratiques sur la transparence, l’éthique et des standards internationaux reconnus.

Une référence écrite aux critères de l’ADI

C’est un gage de sérieux incontournable : l’école possède une politique claire qui intègre par écrit les standards de l’Assistance Dogs International (ADI).

Une mission claire

L’école explique sa vision et sa philosophie sans ambiguïté. On comprend immédiatement à qui elle s’adresse, quels types de handicaps elle couvre et la nature exacte de ses programmes.

Une transparence complète

Il n’y a aucune zone d’ombre. Les méthodes sont expliquées dès le départ. Les tarifs, les inclusions et les exclusions sont clairs. Les étapes du processus et les délais sont présentées honnêtement.

Une formation solide des entraîneurs

L’équipe ne s’appuie pas seulement sur « des années d’expérience », mais sur des compétences vérifiables. Les éducateurs possèdent une formation reconnue en comportement canin et se tiennent à jour grâce à la formation continue (scientifique et pratique).

Des méthodes éthiques et respectueuses

Le bien-être du chien est la priorité absolue. L’apprentissage est basé sur la science et le renforcement positif. Aucune méthode aversive, punitive ou coercitive (outils douloureux, intimidation) n’est utilisée.

Une sélection rigoureuse des chiens

L’école ne place pas n’importe quel chien. Les chiots et jeunes chiens subissent des évaluations strictes (tempérament, santé, génétique). Si un chien n’est pas apte au travail, il est éthiquement replacé dans une famille adaptée, sans acharnement.

Un accompagnement progressif du binôme

L’école ne livre pas un « produit fini », elle forme une équipe. Le bénéficiaire est impliqué activement via des rencontres régulières, des exercices à la maison et des sorties supervisées. L’objectif est de faire de l’humain un excellent gestionnaire de chien.

Une importance donnée à l’accès public

L’accès aux lieux publics n’est jamais donné trop tôt. L’école respecte la maturité émotionnelle du chien. L’accès est accordé uniquement lorsque le chien démontre un comportement sécuritaire, stable et fiable dans tous les environnements, conformément aux critères énumérés plus haut.

Des tâches réellement personnalisées

Pas de tâches « gadgets » ou génériques. Les tâches sont choisies pour pallier le handicap spécifique du bénéficiaire. Un plan d’entraînement évolutif est établi pour s’assurer que chaque tâche apporte une aide réelle au quotidien.

Aucun discours miracle

Une école honnête ne vend pas du rêve. Elle ne garantit jamais un résultat à 100 % (car il s’agit d’êtres vivants), ne prétend pas former un chien en quelques semaines et ne vend pas de chiens « pré-programmés » sans transfert de connaissances.

Une communauté et une redevabilité

L’école ne travaille pas en isolation. Elle fait partie d’un réseau professionnel ou d’un ordre éthique qui valorise les meilleures pratiques. Elle accepte qu’un regard externe valide la qualité de son travail.

Quels critères médicaux et administratifs préparer pour la demande

Bien que les protocoles puissent varier d’un organisme à l’autre, la procédure standard pour l’obtention ou la certification d’un chien d’assistance repose généralement sur une double validation médicale et vétérinaire. Le processus s’articule autour de deux documents officiels fournis par l’organisme :

  1. Le formulaire médical : Ce document doit être rempli par le professionnel de la santé (référent) qui suit le bénéficiaire. Il a pour but de confirmer le besoin d’assistance lié à la condition du bénéficiaire, tout en certifiant que l’utilisation d’un chien est sécuritaire pour lui.
  2. Le formulaire vétérinaire : Dans le cas où le bénéficiaire choisit d’entraîner son propre chien, ce document est requis pour attester de la bonne santé de l’animal et confirmer qu’il possède la condition physique nécessaire pour effectuer le travail de chien d’assistance.

Quelles sont les aides financière disponible

Au Québec, se faire payer un chien d’assistance est très difficile. Le problème principal est qu’il n’y a aucune école québécoise accréditée par l’ADI (Assistance Dogs International). Comme la majorité des gros programmes de financement exigent cette certification internationale pour payer la facture, les options sont limitées. Voici les rares pistes possibles :

L’IVAC (Victimes d’actes criminels) : Ce programme n’est pas fait pour les chiens à la base. Cependant, l’IVAC accepte parfois de rembourser les frais si :

  • Vous êtes reconnu comme victime d’un acte criminel.
  • Votre médecin prouve que le chien est essentiel à votre réadaptation (au même titre qu’une thérapie).
  • Attention : C’est du “cas par cas”, rien n’est garanti.

Vétérans : Il existe des programmes fédéraux pour les anciens combattants, mais ils sont très stricts sur la provenance du chien.
Des organismes fournissent des chiens gratuitement, mais ils ne couvrent pas tous les types d’handicaps (ex: santé mentale) et ne financent pas les chiens d’autres écoles.

Comment évaluer si mon chien peut devenir un chien d'assistance ?

L’évaluation du caractère doit se faire à partir de 8 mois. Il est trop difficile et risqué de prédire le tempérament adulte définitif chez un jeune chiot.

  1. Le chien doit être amical, confiant, résilient et imperturbable (bomb proof)
  2. Il doit être facile à entraîner et « bien dans ses pattes »
  3. Il doit être en parfaite santé physique (aucun handicap, ex: un chien à 3 pattes est refusé).
  4. Tout signe suivant élimine automatiquement le chien :
    • Réactivité : Aboiements ou réactions vives par peur ou par frustration.
    • Instabilité émotionnelle : Peurs, phobies ou anxiété de séparation.
    • Agressivité : Tout historique de morsure ou de de grognement (envers humains ou animaux).
    • Prédation : Obsession marquée pour la chasse (écureuils, chats, etc.).

Le processus d'entraînement et d’évaluation du chien d'assistance

Bien que les procédures varient d’un organisme à l’autre, la formation complète d’un chien d’assistance s’étale en moyenne sur 1 à 2 ans. Idéalement, les critères d’âge pour débuter devraient être évalués au cas par cas (selon la race, la stérilisation et le parcours antérieur) plutôt que d’être figés.

L'évaluation du chien et des besoins du bénéficiaire

L’organisme doit sélectionner ses bénéficiaires en fonction de ses compétences réelles et de ses spécialisations (ex: types de handicaps). Il ne doit accepter que les cas qu’il est apte à gérer professionnellement.

  1. Identification des besoins et des tâches: L’organisme doit valider qu’il peut répondre au handicap spécifique du bénéficiaire. La définition des tâches d’assistance (ce que le chien fera concrètement) devrait se faire en collaboration avec le professionnel de la santé traitant.
  2. Critères physiques adaptés: Le choix du chien doit correspondre à la spécialité visée. Au-delà du bon tempérament, le physique importe : par exemple, un chien d’assistance à la mobilité nécessite obligatoirement un gabarit robuste et une taille adéquate pour travailler en sécurité.

L'accceptation du dossier

C’est l’étape administrative initiale qui valide la candidature. Elle comprend l’ouverture officielle du dossier, le dépôt des formulaires requis ainsi que les preuves médicales et vétérinaires, l’analyse de l’historique du chien, une ou plusieurs entrevues de sélection.

L'évaluation comportementale

Cette étape vise à vérifier le tempérament naturel du chien. On recherche un animal à l’aise, enthousiaste, intéressé et surtout, sans peurs. Pour un jeune chien, l’évaluation est possible autour de 8 mois. Si le bénéficiaire se procure un nouveau chien adulte, l’évaluation est possible après 3 mois d’acquisition.

L'entraînement du chien

Un chien d’assistance n’est pas un robot, c’est un partenaire de vie. Pour que ce binôme fonctionne sur le long terme, il est impératif que le chien aime son travail. Il ne doit pas obéir par crainte de la sanction, mais parce qu’il trouve de la motivation et du plaisir à coopérer avec son humain.

  • L’approche recommandée : Le renforcement positif. Cette méthode scientifique mise sur la récompense des bons comportements pour encourager le chien à prendre des initiatives et à réfléchir. Un chien qui travaille dans la joie est un chien plus fiable, plus créatif dans son aide, et psychologiquement stable.
  • Tolérance zéro pour les méthodes aversives. L’utilisation de la peur, de la douleur ou de l’intimidation n’a aucune place dans l’éducation d’un chien d’assistance. Sont strictement proscrits :
    • Les outils coercitifs : Colliers étrangleurs (choke), colliers à pics (prong), ou colliers électriques.
    • Les méthodes punitives : Toute technique visant à soumettre l’animal par la force physique ou psychologique.

Attention aux fausses étiquettes Il faut se méfier des approches qui se disent « équilibrées » (balanced), ou basées sur des théories obsolètes de « chef de meute » ou de « dominance ». Ces méthodes, qui mélangent récompenses et punitions, brisent la confiance.

Pourquoi est-ce si important ? Un chien entraîné par la contrainte vit dans un état de stress chronique (résignation acquise). Il finit par travailler pour éviter la douleur, ce qui est de l’esclavage, pas de l’assistance. Pour qu’un chien puisse veiller sur la sécurité de son bénéficiaire, il doit se sentir lui-même en sécurité, respecté et « bien dans ses pattes ».

L'évaluation d’accès public (minimum un an d'âge)

C’est le moment charnière où le chien obtient son statut officiel de « Chien en formation ». Pour réussir, il doit démontrer une obéissance de base solide, un comportement exemplaire en public et une aisance dans des environnements variés.

L'évaluation de certification finale

Cette étape ultime survient après un minimum de 6 mois passés sous le statut “en formation”. Le chien doit prouver qu’il est prêt à travailler, c’est-à-dire qu’il maîtrise 3 tâches d’assistance spécifiques (ou plus) et son obéissance et son comportement sont irréprochables en public.

Note : Les critères précis de cette grille d’évaluation finale sont très variables selon l’organisme.

Droits et responsabilité du bénéficiaire suivant la certification du chien

Le bénéficiaire a le droit d’être accompagné de son chien d’assistance dans tous les lieux publics (commerces, restaurants, hôpitaux), les transports en commun, les lieux de travail, les établissements de loisirs et les logements. Refuser l’accès ou le logement à une personne en raison de son chien d’assistance constitue un acte discriminatoire. Cette protection repose sur l’article 10 de la Charte, qui interdit toute discrimination fondée sur le handicap ou sur l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap.

« Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur […] le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap. » (Légis Québec, 2020).

Selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), le chien d’assistance (ou chien-guide) est reconnu juridiquement comme ce « moyen pour pallier un handicap » (qu’il soit physique, mental ou psychologique). La jurisprudence québécoise confirme ce droit depuis 1982 (CDPDJ, s.d.).

Identification et preuves

Bien que la loi n’impose pas strictement le port d’un équipement spécifique, il est fortement recommandé que le chien porte une identification visible (harnais, foulard ou veste avec le logo de l’organisme). Cela facilite grandement l’accès aux lieux publics et évite les conflits. Le bénéficiaire doit être en possession de l’attestation ou du certificat de formation délivré par l’organisme. Ce document est la preuve officielle que le chien est entraîné et qualifié, et il doit être présenté en cas de contrôle. Si l’accès est refusé de manière injustifiée, le bénéficiaire peut porter plainte auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) pour faire valoir ses droits.

Responsabilité du bénéficiaire

Avoir un chien d’assistance vient avec des devoirs stricts envers l’animal et la société.

Le bénéficiaire est le garant de la santé physique et mentale de son partenaire. Il doit fournir une alimentation de qualité, des soins vétérinaires réguliers et maintenir une hygiène irréprochable. Il doit offrir au chien des activités physiques et des moments de détente (jeu, repos) pour qu’il reste équilibré.

Le travail ne s’arrête pas à la certification. Le bénéficiaire a la responsabilité de continuer l’entraînement pour maintenir les tâches d’assistance, de contrôler en tout temps le comportement du chien pour qu’il reste exemplaire.

Le droit d’accès n’est pas absolu si le chien perturbe les lieux. Le bénéficiaire doit s’assurer que le chien respecte les règles d’hygiène et de sécurité et ne cause aucune nuisance (aboiements intempestifs, agressivité), ni dégâts, ni blessures.

FAQ et ressources utiles

Qu’est-ce qu’un chien d’assistance ?

C’est un chien spécifiquement entraîné pour accomplir des tâches qui aident une personne en situation de handicap (moteur, neurologique, psychiatrique, etc.) à gagner en autonomie. Aux yeux de la loi, ce n’est pas un animal de compagnie, mais une aide technique (un « moyen pour pallier un handicap »).

C’est une distinction cruciale. Le chien d’assistance est entraîné à faire des tâches précises (ex: guider, alerter, sécuriser). Il est protégé par la Charte et a accès aux lieux publics. Le chien de soutien émotionnel apporte du réconfort par sa simple présence, sans entraînement spécifique à une tâche. Au Québec, il n’a pas les mêmes droits d’accès public qu’un chien d’assistance.

Cela dépend du besoin. Exemples : ramasser des objets, ouvrir des portes, interrompre une crise d’anxiété, réveiller une personne lors de cauchemars, alerter en cas de baisse de sucre (diabète), guider une personne aveugle, etc.

Partout où le public est admis ! Cela inclut les épiceries, restaurants, centres commerciaux, hôpitaux, transports en commun et hôtels. Refuser l’accès est illégal selon la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.

Non. Les clauses « pas d’animaux » dans un bail ne s’appliquent pas aux chiens d’assistance certifiés, car ils sont considérés comme un moyen médical nécessaire.

Le chien doit porter un élément d’identification visuelle portant le logo de l’organisme qui l’a entrainé (harnais, foulard ou tout autre élément visuel d’identification). Cela facilite l’acceptation par les commerçants et évite les conflits. Le propriétaire doit aussi avoir sa carte de certification ou une lettre d’attestation en main.

Cela varie énormément. Certains organismes les fournissent gratuitement grâce aux dons. D’autres écoles privées peuvent facturer entre 10 000 $ et 40 000 $. Si vous entraînez votre propre chien avec un organisme, les coûts incluent l’achat du chien, les frais vétérinaires, la nourriture et les cours d’éducation (plusieurs milliers de dollars).

Non. Actuellement, la RAMQ ne couvre aucun frais relié aux chiens d’assistance. Des aides existent parfois via l’IVAC (victimes d’actes criminels) ou les Anciens Combattants, mais c’est du cas par cas.

Oui, c’est possible, mais c’est un processus long et difficile. Votre chien devra passer une évaluation comportementale stricte (santé, tempérament). Il est impératif d’être encadré par un organisme compétent pour valider les tâches et obtenir une certification reconnue.

En moyenne, il faut compter entre 18 et 24 mois pour qu’un chien soit complètement formé et certifié (éducation de base + socialisation + tâches spécialisées).

Non. Le chien doit avoir un tempérament exceptionnel : calme, confiant, sans agressivité ni peur, et en parfaite santé physique. La race importe moins que l’individu, bien que les Labradors et Goldens soient souvent privilégiés pour leur profil général.

Sources

  • Baron-Courcy, G. (2021). Le chien d’accompagnement social. Bienfaits Canins. https://www.bienfaitscanins.ca/accompagnementsocial 
  • Charte des droits et libertés de la personne. Éditeur officiel du Québec. (2022, 2 juin). https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/C-12 
  • Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. (2022). Les animaux utilisés pour pallier un handicap. https://www.cdpdj.qc.ca/fr/vos-obligations/motifs-interdits/handicap-animaux 
  • Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. (s.d.). Chien d’assistance / Chien guide. https://www.cdpdj.qc.ca/fr/nos-positions/enjeux/chien-dassistance-chien-guide 
  • Corporation des zoothérapeutes du Québec. (s.d.). Qu’est-ce que la zoothérapie ? https://membres.corpozootherapeute.com/zootherapie/
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